
Cher toi,
J’espère que tu tiens bon dans le marathon que sont souvent les dernières semaines de la fin de l’année.
De mon côté, la semaine a été bien chargée, mais j'ai pris plaisir à être chez moi. Après des sessions de coaching riches au début de la semaine, j'ai participé à un atelier jeudi et vendredi pour rattraper un module de ma formation à l’approche narrative auquel je n’avais pas pu assister. Le sujet : le souvenir et le lien. Cette expérience m'a permis de constater, une fois de plus, la puissance de cette approche, ainsi que le trait d’union parfait qu’elle offre avec la psychogénéalogie.
Au cours de la semaine, j’ai aussi pensé à toi qui me lis et qui m’écoutes. Initialement, j'avais prévu de boucler mon épisode sur la jalousie. Mais, les fêtes de Noel et la période des grands rassemblements tribaux approchant, j’ai pensé que parler de famille serait opportun.
Je n’ai pas pris cette décision seule. Je t’ai interrogé sur Linkedin et Instagram. Voici les réponses qui ont guidé le calendrier de production.

C’était une décision serrée, mais une chose était claire : il était temps de parler de famille dès maintenant et la jalousie pourrait attendre la fin de l’année.
D'ailleurs, merci à toi qui a voté pour cette option. Tu m’as donné du temps. En effet, le double épisode qui sort aujourd’hui est enregistré depuis mai. Tu le remarqueras sans doute : il diffère du format actuel. C'est une conversation avec Évelyne Bissone Jeufroy, qui m'a formée en psychogénéalogie. J’ai divisé notre échange en deux : la première partie se concentre sur le parcours d’Évelyne, et la seconde sur la psychogénéalogie. Tu peux les écouter indépendamment, selon tes intérêts.
Notes :
- Il ne s’agit que d’une mise en bouche de ce qu’est et de ce que peut offrir la psychogénéagloie. J’en parlerai plus en détail dans le podcast sur des thématiques précises et j’en saupoudre des éléments dans chaque épisode.
- La semaine prochaine et la semaine qui suit, je reviens au format original. L’épisode sur les repas de famille sortira exceptionnellement vendredi prochain (le 22/12) et nous aborderons la jalousie pour conclure l’année (le 31/12).
- Pour te préparer à la période des fêtes, le défi est une sorte de travail préparatoire au prochain épisode avec l’angle psychogénéalogie (voir le livret à la fin de cette newsletter).
Édito
On ne vient jamais à la psychogénéalogie par hasard. Cela peut être un poids lancinant que l’on ressent sans pouvoir l’expliquer, un modèle que l’on reproduit sans y voir de raison ou d’origine particulière, l’impression de marcher dans les chaussures de quelqu’un d’autre, un deuil non fait qui ronge que ce soit la perte d’un travail, la perte de la santé, la perte d’un proche ou la perte d’un bien, le sentiment de ne pas être à sa place et/ou de ne jamais avoir trouvé sa place.
La psychogénéalogie n’est pas une psychanalyse, tout comme elle n’est pas un simple travail de généalogie. C’est un outil de compréhension de soi. Elle mêle la sociologie à l’histoire personnelle et aux bases des relations humaines. Elle permet d’éclairer qui on est à travers ses racines, à travers l’héritage conscient et inconscient qui nous a été légué. En mettant en lumière ce et ceux dont nous sommes issus, nous pouvons ainsi comprendre comment nous nous sommes construits, quelle place on nous a donnée, quel rôle on a voulu que l’on joue. En dévoilant cette construction, il devient alors possible de dire ce qui n’a pas été dit, d’accepter et de lâcher ce qui a été pour laisser la place à ce qu’on veut être.
Pour ma part, j’ai découvert la psychogénéalogie fin 2021, au moment où je traversais une période de turbulences extrême, tant sur le plan professionnel que personnel. J’ai eu la bonne idée de bien m’entourer et, au gré d’une conversation puis d’une lecture, l’outil et moi nous sommes rencontrés et depuis, c’est un vrai lien qui s’est créé.
Quelques jours après, je me suis décidée à me former. Des formations, il y en a pas mal, plus ou moins qualitatives. J’ai enquêté et une amie psychologue m’a dit que la créatrice de la discipline était Anne Ancelin Schützenberger et qu’elle avait enseigné à Psycho Prat. Logiquement, les personnes qui avaient été formées par ses soins et reprenaient le flambeau étaient certainement les plus qualifiées. C’est ainsi que j’ai envoyé ma candidature (un CV avec une lettre manuscrite) à Évelyne, la disciple d’Anne, et qui enseignait désormais ce cours.

Nous avons démarré la formation en février 2002. Si je devais résumer cette fameuse année 2022, je dirais qu’elle a été l’histoire de deux coups de foudre : amical avec Évelyne et professionnel avec la psychogénéalogie. J’ai pu guérir une horrible douleur à l’épaule, m’alléger de nombreux bagages et surtout j’ai trouvé le fil rouge de ma pratique. Grâce à cette double rencontre, j’ai pu me reconnecter à l’histoire et à mon passé d’égyptologue.
Pour toutes ces raisons, il était important de donner la parole à Évelyne et de te faire faire tes premiers pas en psychogénéalogie à travers son témoignage.
1ère partie : le parcours d’Évelyne

Notre échange en quelques mots
Dans cette première partie, nous explorons le parcours d'Évelyne Bissone Jeufroy. Femme aux multiples facettes, à la fois coach, psychologue, fervente d’art et spécialiste de l’histoire de l’art, élève de figures emblématiques comme William Rubin, ancien curateur du Moma, le musée d’art moderne de NY, Françoise Dolto et disciple d’Anne Schützenberger, elle est une experte de la psychogénéalogie.
Si elle consulte, enseigne et écrit volontiers, elle est toujours très discrète sur sa vie. Pourtant, cette vie riche a beaucoup de choses à t'apprendre et j’ai eu l’immense chance que Évelyne ait accepté de se raconter à mon micro.
Son histoire débute en Argentine, à Buenos Aires. Issue d'une famille multiculturelle, Evelyne a développé dès son plus jeune âge une passion pour la compréhension de l'humain. Ses aspirations l'ont menée à New York, où elle a étudié la psychologie et l'histoire de l'art, puis à Paris, ville qui a vu naître de nombreux tournants dans sa vie, tant personnels que professionnels. Sa rencontre avec Dolto et Anne Schützenberger, deux piliers de son parcours, a non seulement façonné sa carrière mais a également profondément influencé sa quête personnelle de liberté et d'identité.
Dans notre entretien, Évelyne se livre avec une rare ouverture sur ses expériences, partageant des anecdotes qui illustrent sa trajectoire unique. Sa vie est un véritable kaléidoscope d'expériences et d'apprentissages.
Son récit est plus qu'une histoire personnelle ; c'est un appel vibrant à suivre ton cœur, à provoquer ta chance, et à embrasser pleinement ton identité.
— — — —
Minutage de l’épisode
- Intro (0-6 mn)
- L’enfance en Argentine (6mn-11mn)
- Le départ à New York (11mn-13mn)
- L’arrivée à Paris (13mn-20 mn)
- La graphologie (20mn-23mn20)
- Le jardin d’enfants aux États-Unis (23mn20-25mn40)
- Les mardis avec Françoise Dolto (25mn40-29mn50)
- Le rapport à la psychanalyse (29mn50-32mn16)
- La rencontre avec la psychogénéalogie et Anne (32mn16-40mn)
- La grande aventure d’être soi (40mn-46mn)
— — — —
Références
Ses livres :
- L’héritage invisible (2021)
- Quatre plaisir par jour minimum (2009)
- Sortir du deuil (2005), co-écrit avec Anne Ancelin Schützenberger
Le livre référence d’Anne Ancelin Schützenberger :
- Aïe, mes aïeux ! (1998)
Le livre de Simone de Beauvoir dont je cite quelques mots en introduction :
- Cahiers de jeunesse, 1926-1930
2ème partie : intro à la psychogénéalogie

Notre échange en quelques mots
Nous héritons tous et toutes d'un « sac de noeuds » composé d'histoires, de drames, de deuils non résolus. Nos grands-parents ou nos parents ont parfois essayé, « pour notre bien », de nous protéger quand nous étions enfants en ne nous disant rien de ces traumatismes : « C'est pour ton bien qu'on ne te raconte pas la guerre » ; «C'est pour ton bien qu'on tait que nous sommes des immigrés »; « C'est pour ton bien qu'on ne dit pas que le grand-père a fait de la prison » ; « C'est pour ton bien qu'on ne t'emmène pas au cimetière. » Eh bien, ils laissent derrière eux un chantier monstre dans lequel nous trébuchons et nous faisons mal en permanence.
J'ai coutume de dire que les êtres humains sont comme les vaches : ils ruminent, et ils le font toute leur vie et sur plusieurs générations.
Ils ruminent leurs secrets de famille, leurs deuils non faits et les bonheurs passés, leurs sentiments d'injustice, leurs rancœurs, etc. Et, jusqu'à ce qu'ils cessent de ruminer, jusqu'à la levée du secret, l'histoire familiale se répète.
Ces mots d’Anne Ancelin Schützenberger résument parfaitement le pourquoi de la psychogénéalogie : dénouer le sac de noeuds transmis par nos ancêtres afin de vivre une vie plus légère et plus alignée.
Dans cette seconde partie, je t’invite avec Évelyne à découvrir plus en profondeur cet outil puissant. Nous répondons aux questions les plus fréquentes : qu’est-ce que c’est, à quoi cela sert, à qui cela s’adresse, comment ca se passe, en s'appuyant sur des anecdotes personnelles et des cas de clients.
— — — —
Minutage de l’épisode
- Introduction (0-2mn33)
- Définition (2mn33-8mn14)
- Déroulement d'une séance (8mn14-10mn54)
- Le génosociogramme (10mn54-19mn)
- Le secret de famille et la honte (19mn-27mn)
- Le deuil et la perte (27mn-36mn)
- Les maisons (36mn-40mn)
- La névrose de classe (40mn-45mn50)
- Le travail avec Anne (45mn50-47mn)
- La double contrainte (47mn-49mn)
- Derniers exemples : enfants invulnérables, noeud dans la gorge, perlarboration (49mn-53mn)
- La digestion (53mn-54mn50)
- 4 plaisirs par jour (54mn50-59mn)
— — — —
Références
La place d’Annie Ernaux (tous ces autres ouvrages)
La névrose de classe de Vincent de Gauléjac
Défis
Et si tu prenais le temps de lister 30 de tes petits et grands plaisirs comme nous l’évoquons à la fin de ce double épisode ? Effet +++ garanti.
Comme je te l’ai annoncé plus haut, la semaine prochaine, nous parlerons des repas de famille. Pour passer aussitôt à une application pratique de la psychogénéalogie et afin que tu puisses pleinement tirer avantage de l’épisode de vendredi prochain, je te propose deux exercices d’écriture et de réflexion.

Il te permettront d’avoir une première idée de ce que peut apporter le travail sur ton héritage familial à travers l’exploration des cadeaux de Noël et de ton expérience des fêtes de famille. Je te donnerai également quelques clés pour t’y préparer au mieux.
Si tu me partages tes investigations, je te répondrai personnellement.
Réponds directement à cette newsletter ou écris-moi à : helene@ladechiffreuse.com.
Je te souhaite un excellent dimanche soir & me réjouis de te lire !
Hélène