
Cher toi,
On aborde souvent la rentrée de septembre comme une nouvelle année. Avec une liste de bonnes résolutions longues comme le bras, autant d’injonctions multiples qu’on finit par abandonner trop rapidement, entraînant un sentiment d’échec et de culpabilité.
Je t’avoue que la rentrée des classes n’a pas encore eu lieu ici, à Munich, mais j’ai eu la nausée cette semaine face au flot déferlant de contenu sur le sujet. J’ai constaté - et pu lire - que ce fameux rituel de la « rentrée » était une exception française où l’actualité de cette semaine a été littéralement dominée par ce terme. Ce n’est pas le cas dans les pays voisins.
Pour la petite histoire, il s’agit d’un héritage de la centralisation du calendrier scolaire depuis la IIIe République qui perdure et qui est lié au mode de vie principalement rural de la société à l’époque.

Un bon exemple pour montrer comment le passé des nations influence encore leur présent, même si les choix opérés à l’époque ne répondent plus nécessairement aux réalités actuelles. J’arrête ici ma parenthèse historique.
Aujourd’hui, j’écris ces mots avec une mission qui me tient particulièrement à cœur.
Parce que je veux le meilleur pour toi, je voudrais t’inviter à une :
« lecture du temps comme espace du possible, du temps comme matière malléable, matière plastique que l'on peut ouvrir, dans laquelle on peut se lover, dans laquelle on peut s'épanouir. ».
— Laurent Vidal, Les Hommes lents : résister à la modernité, XVe-XXe siècle
C’est la rentrée vs Faire sa rentrée
Dans sa chronique sur France Inter, Julie Neveu nous invite à examiner la nuance entre « rentrer » et « entrer ». « Rentrer » renvoie à un retour à un lieu connu, suggérant la routine et le prévisible, alors que « entrer » évoque la nouveauté et l'exploration. La rentrée, typiquement associée à la reprise scolaire en France, impose un certain cadre et des attentes. L'expression « c'est la rentrée » est presque paternaliste et rappelle l'enfance. Cependant, en changeant la perspective et en adoptant le verbe « faire » (comme dans « faire sa rentrée » ou pour aller encore plus loin « faire son entrée »), on reprend le contrôle et on s'approprie le moment.

J’aime beaucoup cette idée de prendre le volant. Et si tu t’autorisais à te libérer un moment du poids de tes routines ancrées depuis l'enfance ? Arrête de te tourmenter, mets en pause ta course à la perfection, à la check-list intégralement cochée et prends un peu de temps pour toi, pour réfléchir à ce qui est vraiment important.
Décide de faire de ce moment le début de quelque chose de remarquable pour toi, en te posant cette seule et unique question :
Quelle est LA chose que tu veux vraiment ?
Celle que tu notes dans ta liste. Mais que tu reportes sans arrêt. Depuis des semaines, depuis des mois, depuis des années.
Quel est ce rêve que tu remets toujours à demain ?
Mon expérience personnelle 🎙
Voilà 3 ans que je veux lancer un nouveau podcast. Malgré ma passion et mon énergie débordante à l'idée, je me suis trouvée mille excuses. Je pensais que c’était dû au manque de clarté. Mais en réalité, c'était le vertige devant la montagne de travail et la peur de l’inconnu, peut-être aussi un vague syndrome de l’imposteur qui me faisait procrastiner.
Jusqu’au jour où… j’ai simplement commencé. Et la clarté maintenant me fait bien rire car le projet a évolué et s’est complètement transformé en chemin.
Autre observation : hier matin, il m’a fallu seulement 10 minutes pour enregistrer le texte du générique et j’ai eu la délicieuse impression d’avoir franchi une grande étape. Certes, cela ne veut pas dire que tout le projet est achevé. Mais en avançant pas à pas et en faisant les choses même (et surtout) si elles semblent difficiles, on progresse à pas de géant et on se sent plus léger.
La vérité inconfortable
Nous sommes tous égaux face au temps qui passe.
Pas quant à l’usage que nous en faisons.
Mel Robbins utilise une image glaciale mais profondément juste : notre vie est comme un glaçon qui fond. Nous pensons toujours qu'il nous reste du temps. Mais le temps passe, et il ne revient jamais. Si tu continues à attendre, ta vie s'évaporera devant tes yeux.
Dans son livre The Top Five Regrets of the Dying, Bronnie Ware, une infirmière australienne a recueilli les cinq regrets les plus courants des personnes en fin de vie :
1. Je regrette de ne pas avoir eu le courage de vivre une vie fidèle à moi-même, plutôt que de vivre la vie que les autres attendaient de moi.
2. Je regrette d'avoir travaillé si dur.
3. Je regrette de ne pas avoir eu le courage d'exprimer mes sentiments.
4. Je regrette de ne pas être resté en contact avec mes amis.
5. Je regrette de ne pas m'être permis d'être plus heureux.
Tu l’as constaté : personne n’a jamais regretté à 80 ans de n’avoir pas fini de regarder une série Netflix ou de ne pas avoir un jour envoyé sa newsletter vendredi soir comme prévu.
Pourquoi nous acharnons-nous à vivre une vie qui va à l’encontre de ce que nous voulons vraiment ?
Parce que la plupart d'entre nous se considèrent comme des imposteurs face à leurs propres rêves.
Imposteur vs débutant
La peur de l'échec, la résistance au changement, la hantise du jugement des autres, le poids du quotidien sont autant d’éléments qui nous paralysent. Nous ne voulons pas nous voir comme des débutants.
Pourtant, c’est ici que se trouve la clé.
Lao Tzu a bien résumé les choses : « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. ».
La clé n'est pas de tout faire en un jour, mais de commencer quelque part.
Tes rêves sont faits pour être réalisés, pas pour rester sur une liste.
Oublie que tu es un imposteur. Dis-toi plutôt que tu es un débutant. Considère les étapes que tu vas franchir une à une comme les barreaux de cette échelle et non la montagne que tu dois gravir.

Décider pour toi
Assieds-toi tranquillement, prends une feuille et un stylo. Écris tout ce que tu as repoussé depuis longtemps. Cela peut être un projet, une tâche, une habitude que tu veux développer, une lettre que tu veux écrire.
Parmi cette liste, quelle est la chose qui te tient le plus à cœur, celle qui, si elle était réalisée, aurait le plus grand impact positif sur ta vie ? Encercle-la.
Ensuite, choisis délibérément de rediriger ton énergie et ton temps vers LA chose que tu veux réaliser maintenant.
Même si tu ne disposes que de 5 à 15 minutes par jour, utilise-les pour te rapprocher de ton rêve.
Derniers rappels :
- Cesse d'attendre le moment parfait. Il n'y a pas de timing parfait.
- Reconnais que tu mérites de poursuivre ce que tu désires vraiment. C'est un acte d'amour-propre.
- La personne qui doit vraiment se soucier de ces rêves, c'est toi. Tu es le seul conducteur à bord et seul ton jugement compte vraiment.
Ta mission si tu l’acceptes
Maintenant que tu as identifié le rêve sur lequel tu veux avancer aujourd’hui.
Prends 10 mn pour répondre à ces deux questions :
- Quelles sont toutes les choses que tu pourrais faire pour que ce rêve ne se réalise pas ? Fais une liste de tout ce qui te vient à l’esprit, sans faire le tri, sans te brider.
- À quoi ressemblerait ta vie si ce rêve se réaliserait ? Décris en détail au présent et en employant « je » comment se passerait ta première journée si ce rêve était enfin réalité.
En conclusion
Dès que tu as fini, envoie tes réflexions en cliquant sur « répondre à » ce mail. Si tu joues le jeu, je m’engage à te coacher par mail toute la semaine. C’est mon cadeau pour t’aider à te mettre en selle et pour enfin travailler à ce que tu veux vraiment !
Pour conclure, je pique cette citation à Maud Alavès, mais elle illustre parfaitement mon propos.
« Les coeurs des hommes sont ainsi. Ils ont peur de réaliser leurs plus grands rêves, parce que qu’ils croient ne pas mériter d’y arriver, ou ne pas pouvoir y parvenir. Nous, les coeurs, nous mourrons de peur à la seule pensée d’amours enfuies à jamais, d’instants qui auraient pu être merveilleux et qui ne l’ont pas été, de trésors qui auraient pu être découverts et qui sont restés pour toujours enfouis dans le sable. »
— L’Alchimiste, Paolo Coelho
Je vous souhaite un week-end lumineux et me réjouis de vous lire !
Hélène