
Cher toi,
J’espère que tu as pu profiter de la douceur printanière de ce week-end.
Je m’améliore, nous sommes dimanche, mais je dois encore gagner quelques heures pour retrouver notre rendez-vous idéal : le dimanche matin.
Le constat : j’ai du mal à faire court et je ne peux me contenter d’être superficielle. Impossible de tout faire tenir en 20 mn au risque de perdre certaines perspectives et de ne pas pouvoir développer d’exemples.
Par ailleurs, si j’ai craint de ne pas t’apporter assez de valeur, certains auditeurs m’ont fait plutôt un retour dans le sens extrême inverse : à savoir que cela pouvait parfois être trop.
Action, réaction.
La solution : si je ne peux (veux) pas (trop) couper le fond, je peux couper la forme, à savoir proposer des mini-séries d’épisodes plus courts plutôt qu’un seul long épisode.
Les avantages :
- Pour moi, cela va me permettre de batcher ma production et produire 3 à 4 épisode au lieu d’un seul.
- Pour toi, cela te donne le temps de digérer ce que je dis et de pouvoir mettre en pratique.
Je teste ce nouveau format - d’ailleurs adopté pour le génogramme de manière contrainte - et on voit.
N’hésite jamais à me faire propositions ou des suggestions. C’est très précieux et cela me permet de répondre au mieux à tes besoins.
Sans transition…
Cette semaine, nous plongeons dans un thème que certains attendent depuis le mois de novembre, mois pendant lequel je t’avais proposé un sondage pour choisir plusieurs sujets. La jalousie était arrivée en seconde position et le post où je suggérais de tenir un journal de la jalousie pour apprendre à mieux se connaître avait beaucoup intrigué. Il est temps de te donner tous les clés pour faire de ce vilain défaut, de ce vice, un outil de développement personnel.
Pour cela, nous visiterons des disciplines variés, différents exemples fictifs et réels et tu auras de nombreuses ressources pour explorer ton rapport à ce sentiment et en faire un tremplin.
Bonne écoute !
Notes & ressources

L'exemple emblématique de la Reine devant son miroir dans le conte Blanche-Neige, nous donne un excellent aperçu des multiples facettes qui compose la jalousie : un désir obsessionnel de reconnaissance, sa capacité à corroder l'estime de soi et son fondement sur la superficialité.
Mais force est-ce constater que celle-ci ne se limite pas au sentiment amoureux et qu’elle universelle. Dans ce cas, elle doit bien avoir une fonction et dépasser cette analyse simpliste et à charge.
En effet, est-elle intrinsèquement destructrice ou peut-elle révéler des vérités profondes sur toi-même ?
I. La jalousie, droit du propriétaire
La jalousie est souvent confondue avec une émotion, alors qu'elle est en réalité un sentiment complexe, englobant diverses émotions telles que la peur, la tristesse, ou la colère.
Moins intense mais plus durable qu'une émotion, la jalousie se manifeste au niveau mental et peut devenir un problème par son caractère insidieux et récurrent.
Elle émerge de la crainte de perdre quelque chose ou quelqu'un au profit d'un tiers, illustrant une peur de l'exclusion ou du rejet.
La jalousie verticale, par exemple, se traduit par la peur de perdre l'exclusivité amoureuse ou l'attention d'un proche. Elle suppose qu’on possède (croit posséder) quelqu’un et qu’on craint de le perdre.

Cette expérience universelle, présente dans toutes les cultures, trouve ses racines dans nos instincts de survie et de reproduction, selon les théories évolutionnistes. Elle avait pour fonction de sécuriser des ressources ou des partenaires fiables dans les sociétés anciennes.
II. L’envie, miroir de nos désirs inavoués
L'envie, souvent confondue avec la jalousie, est en réalité un sentiment distinct et complexe lié à la comparaison entre deux personnes.
Contrairement à la jalousie, qui implique une tierce personne et est liée à la peur de perdre quelqu'un ou quelque chose, l'envie fonctionne sur un plan horizontal, se manifestant entre toi et quelqu'un d'autre. Elle est associée à un manque ou à un désir d'obtenir ce que l'autre a.

C'est un sentiment profondément humain mais difficile à avouer car il est souvent perçu comme un pêché ou une faiblesse morale, sanctionné tant par la religion que par la culture.
Cette réticence à parler d'envie est paradoxale dans une société qui, d'un côté, nous exhorte à tempérer notre envie, et de l'autre, stimule constamment ce sentiment à travers la culture consumériste pour vendre davantage.
Reconnaître et comprendre nos envies peut être éclairant, nous révélant des désirs profonds que nous n'osons parfois pas admettre à nous-mêmes.
III. Les clés pour dévoiler les rouages de l’envie
Voici des outils pour comprendre et analyser la mécanique de tes envies.
a) La matrice de l’envie
Comme point de départ pour explorer ta propre relation à l'envie, tu trouveras une liste de 19 affirmations adaptées des travaux sur les dynamiques de l’envie de Lang & Cruisius.
Prends le temps de réfléchir à chaque affirmation et à la manière dont elle se rapporte à tes expériences personnelles.
- Lorsque j'envie les autres, je me concentre sur la façon dont je pourrais réussir aussi bien qu’eux à l'avenir.
- Je souhaite parfois que les personnes populaires et attractives perdent leurs avantages sociaux.
- Je peux apprécier les succès des autres sans le comparer instantanément ma propre valeur.
- L'envie des autres me motive à atteindre mes propres objectifs.
- Lorsque j'éprouve de l'envie, c'est souvent lié à la richesse ou à l'apparence physique d'une autre personne.
- Lorsque j'éprouve de l'envie, c'est souvent lié aux privilèges structurels et au pouvoir social d'une autre personne.
- Lorsque quelqu'un possède quelque chose que je désire, je fantasme sur le fait de le lui prendre.
- Je me sens mal à l’aise à l'égard des personnes que j'envie.
- Les sentiments d'envie à l'égard d'une personne peuvent m'amener à la détester rapidement.
- Les sentiments d'envie à l'égard d'une personne me poussent à trouver des moyens de me rapprocher d'elle.
- Mon envie est enracinée dans la douleur des désavantages sociaux et de l'inégalité.
- Il est frustrant de voir d'autres personnes réussir si facilement.
- L'amère vérité est que je me sens généralement inférieur aux autres.
- En voyant les réussites des autres, je me sens mis de côté.
- En voyant les réussites des autres, j'éprouve du ressentiment.
- Les sentiments d'envie me tourmentent et me culpabilisent.
- J'envie les modèles de relations durables des autres, qu'elles soient monogames, ouvertes ou polyamoureuses.
- J'imagine que la plupart des personnes du même sexe que mois ont une meilleure vie sexuelle.
- Lorsque j'ai l'impression de manquer de quelque chose, j'essaie de me recentrer sur la gratitude.
b) La roue des émotions et ce que celles-ci disent
L’envie est souvent un mélange de plusieurs émotions et chaque émotion a un message à nous transmettre.
Plutôt que de mettre un couvercle sur ton envie, observe ce qu’elle éveille en toi.
Le tableau suivant vient du génial site de ressources pour les parents 1,2,3 Kid et s’il est destiné aux enfants, il peut très bien servir aux plus grands.

Et pour référence, voici la roue d’origine, créée par Dr. Gloria Wilcox, une psychothérapeute qui a constate, dans sa pratique, que ses patients a avaient du mal à décrire leurs sentiments.

c) Les déclencheurs
L'envie est une émotion sociale. Elle ne se produit pas dans le vide.
Si tu éprouves de l'envie, c'est intrinsèquement en relation avec quelqu'un d'autre. Dans quel contexte apparaît-elle ?
Celle-ci est principalement activée lorsque tu observes :
- l'avancement des autres ;
- le bonheur et les projets de vie des autres ;
- l'échange d'affection ou d'éloges entre les autres ;
- une facilité à demander et à recevoir des autres (qu'elle soit due à un privilège systémique ou à l'extraversion).
N’hésite pas à faire d’autres observations en fonction de ce qui te correspond.
Le défi de la semaine
Afin que tu aies le temps de digérer et surtout que tu puisses mettre en pratique tout ce que je te propose, voici ton défi.
Note : il te sera extrêmement utile pour comprendre la suite et surtout pouvoir tout de suite avoir des prises de conscience et mettre des choses en place.
Pendant une semaine tu vas t’observer et tenir une sorte de journal émotionnel.
Note tous les moments où tu ressens de la jalousie ou de l'envie en précisant :
- le contexte,
- la personne qui suscite ton envie,
- le déclencheur,
- tes émotions,
- ton discours intérieur.
En reconnaissant les situations qui activent ton sentiment envie et en analysant les raisons profondes de ces émotions, tu développeras une conscience de toi accrue.
Un allié précieux pour peut révéler des aspects de ta vie que tu souhaites améliorer ou des insécurités à adresser.
C’est ce que nous verrons en détail la prochaine fois.
Le défi dans le défi & un super bonus !
Si tu me partages ton travail (une situation où tu as ressenti de l’envie + ta question), je te fais un audio de 5 mn pour t’aider à creuser ton investigation et te donner des pistes de réflexion.
Il te suffit de répondre à ce mail ou de me laisser un vocal ici.
Enfin, pour donner de la visibilité à ce podcast et pour je puisse continuer à t’offrir ce travail de titan, il est essentiel de lui laisser en plus d’une note, un commentaire sur ton appli préféré.
Par exemple, partage ce que tu aimes, un concept ou un épisode qui t’a marqué.

Pour te remercier de ton temps, je t’offre 30 mn de coaching visio pour débloquer une situation où tu ressens de l’envie.
Un immense merci pour ton temps et ton engagement.
Bon dimanche,
Hélène