
Cher toi,
Bienvenue si tu viens de me rejoindre et un grand merci pour ton attention et ton soutien si tu me suis depuis un moment (si ce n’est pas encore fait, prends 5 minutes pour me faire ton retour sur le podcast).
Aujourd’hui, je me suis amusée à compter : il s’agit de la 19ème newsletter que j’envoie depuis que j’ai eu l’idée de La déchiffreuse et le podcast est lancé depuis 4 mois et compte 16 épisodes.
Les chiffres parlent d’eux-même : je ne suis plus débutante.
Quand je remonte le temps, je souris et je suis fière. En effet, j’ai longtemps procrastiné ce projet. Pas parce que je ne savais pas comment faire (j’ai déjà lancé un podcast et une newsletter), mais tout simplement parce que j’avais peur que ce ne soit pas assez abouti, pas assez intéressant, pas assez différent.
Cette liste de “pas assez” pourrait continuer indéfiniment.

Le syndrome du “pas assez”
Tu connais sûrement ces pensées quand tu veux lancer quelque chose de nouveau ou quand tu dois rendre une présentation ou un appel d’offres, ou encore quand tu te compares à d’autres plus avancés.
On peut donner plusieurs noms à ce symptôme : syndrome de la bonne / du bon élève, perfectionnisme, insatisfaction chronique, etc. Peu importe. Ce qui compte, c’est comment on parvient à le surmonter.
Tu pourrais penser que tout s'améliore une fois qu'on se lance et qu'on récolte les lauriers de ces efforts et de son courage.
Je vais être honnête : pas vraiment - ou du moins, on ne guérit pas d’un coup de baguette magique.
Je ressens toujours une émotion désagréable au moment de rassembler mes idées pour écrire le script de l’épisode et le cercle des pensées “pas assez” revient systématiquement à la charge.
Cette nouvelle édition et l’épisode du jour n’ont pas fait exception à la règle.
19 newsletters et 15 épisodes ne font rien à l’affaire.
En fait, ce n’est pas exact.
Il y a tout de même une grande différence : je sais exactement que ce moment difficile va émerger et je sais comment faire pour l’accueillir et le dépasser.
Les réflexions de la philosophe Marine Van Zuylen dans son ouvrage Les vertus minuscules (le titre est déjà tout un programme !) m’ont été d’une grande aide. Je te partage les principales clés que j’applique ci-dessous.

Quelques pistes pour lutter contre ton perfectionnisme
- Adopter le principe du "good enough" : reconnais que “assez bien” peut signifier "suffisamment bien" et pas forcément "pas assez bien". Cela permet d'accepter que le travail que tu as accompli est adéquat même si tout n'est pas parfait.
- Réfléchir aux attentes et aux extrêmes : demande toi ce qui est réellement nécessaire et ce qui relève de l'excès. En allant dans l’excès, tu te mets une pression sans fin mais tu condamnes également les autres autour de toi à faire de même.
- Explorer la notion de médiocrité positive : reconsidère le terme "médiocrité" et vois le non comme un échec mais comme une voie médiane entre les extrêmes. L’artiste belge Jacques Lizène est considéré comme l’un des rares experts du fiasco. En effet, il a défendu mordicus l’existence d’un art du ratage, un moyen efficace pour lui, artiste, d’échapper aux sirènes de la gloire et de la fortune. Si Lizène se revendiquait être un artiste sans talent, la philosophe nous invite à travers ce changement de paradigme à une définition nouvelle du talent, indépendante des signes extérieurs du succès.
- Interroger tes propres motivations : identifie les raisons profondes qui te poussent à rechercher constamment plus. Elles te permettront certainement de mettre à jour des insécurités sous-jacentes ou des désirs non comblés à adresser.
- Accepter l'imperfection : donne-toi la permission d'être imparfait et d’être juste assez et vois ce qui se passe. En constatant que la terre continue à tourner et que le résultat de ton travail est apprécié, tu apprendras à valoriser le processus et à cultiver un juste équilibre.
Quiconque choisit le juste milieu, précieux comme de l’or, vit en sécurité, sans souffrir de la pauvreté et de ses laideurs ; il vit dans la modération, loin des palais que le vulgaire envie. Les pins élevés sont le plus souvent battus par les vents ; les plus hautes tours tombent le plus lourdement ; les sommets sont frappés par la foudre.
— Horace, Odes II, 10

Le rapport avec la dette
C’est bien beau mais quel est le rapport avec la dette ? En effet, c’est le sujet de la nouvelle mini-série.
Tout d’abord, je voulais partager avec toi mes émotions lors de l’écriture de ce premier épisode - qui est en fait plus un teaser. J’ai fait assez et bien avec le timing et les circonstances qui étaient les miennes.
Mais, en t’écrivant aujourd’hui, je me suis aussi rendue compte que notre rapport à la dette avait beaucoup à avoir avec notre rapport à la perfection.
En effet, ce sentiment de "pas assez", lorsqu'il est internalisé, peut se transformer en un sentiment de dette, où l'on ressent le besoin de compenser ou de répondre à des attentes, parfois même non exprimées.
Dans le contexte du perfectionnisme, cette dette se manifeste quand tu penses ne pas avoir atteint un idéal. Par exemple, si un projet ou une tâche n'atteint pas la perfection que tu avais envisagée, tu peux te sentir redevable envers tes collègues, tes amis, ou même envers toi-même. Tu as l'impression d'avoir "échoué" à fournir ce qui était dû.
D'autre part, cette dynamique se reflète dans tes relations interpersonnelles. Lorsque tu sens que tu n'as pas été "assez" pour quelqu'un - assez présent, assez soutenant, assez réussi, tu peux te sentir redevable de compenser cette insuffisance perçue. Cette perception peut te conduire à donner de manière excessive, parfois au détriment de ton propre bien-être, dans le but de "rembourser" cette dette émotionnelle.
De plus, la société peut parfois renforcer ces sentiments de dette. Par exemple, les attentes culturelles ou familiales peuvent te faire sentir redevable pour les opportunités ou le soutien reçu, te poussant à poursuivre une carrière ou des chemins qui ne te correspondent pas nécessairement, mais que tu te sens obligé de suivre pour "honorer" un héritage ou des sacrifices.
Bon, je m’arrête ici. Je viens de te faire un teaser dans le teaser que je te laisse découvrir maintenant.
La bande-originale du podcast
Voici la playlist avec toutes les musiques qui viennent accompagner chacun des épisodes. Tu pourras ainsi retrouver facilement toutes les références.
Le défi de la semaine
J’ai lancé il y a 3 jours un sondage sur Linkedin.

Vous êtes une majorité à penser que le don gratuit existe.
Le défi de la semaine va donc être aisé : fais un don gratuit cette semaine.
- Réfléchis à la personne à qui tu veux donner et ce que tu vas offrir.
- Pense à la manière dont tu peux faire ce don sans que le receveur se sente redevable.
- Examine tes propres attentes liées à ce don.
- Observe tes sentiments avant et après le don, ainsi que la réaction du receveur.
- Analyse l'impact de ce don sur toi et sur l'autre personne.
Partage avec moi ton expérience en répondant à ce mail ou en me laissant un vocal ici. Je te répondrai en personne et j’ajouterai tes réflexions au prochain épisode.
Excellent dimanche et à la semaine prochaine,
Hélène
PS1 : pense à compléter le questionnaire sur le podcast !
PS 2 : si ce n’est pas déjà fait, tu peux aussi :
- Me suivre sur Linkedin et Instagram.
- Booker un call découverte de 30 mn (offert).
- Lire toutes les éditions précédentes.