
Cher toi,
Comment vas-tu en ce début de semaine ?
De mon côté, je suis en grande forme après un passage sous l’eau 🌊 !
Il y a dix jours, j'avais tout prévu pour te parler de Frida. Il me manquait un maillon à la chaîne, et j'étais sûre d'y arriver… jusqu’à ce qu’un message tombe. Le livre que j'attendais comme le Saint Graal était « à jamais indisponible ».
L’impossibilité est un bouton qu'il ne faut jamais pousser chez moi. J'ai serré les mâchoires, retroussé mes manches et activé ma pro-activité. Mais je me suis rapidement rendue compte que j'entrais vivement et sûrement dans une phase de sur-régime. Mon temps passé devant l'écran a explosé, j’avais des chiffres, de noms qui défilaient en boucle dans ma tête et mon utilisation de ma boîte mail, du net et d’autres applications devenait névrotique.
J'ai décidé de faire une pause, de prendre le temps de prendre le temps.
Je t’avoue que cela n’a pas du tout été facile. J’ai toujours des pensées culpabilisantes quand je ne fais pas ce que je dis.
Mais j'avais besoin de faire un break, de couper les écrans et de passer - enfin ! - un week-end sans travailler. Je sentais que si je forçais, j'allais faire les choses à contre-cœur et me brûler quelques plumes au passage.
Alors que je luttais contre ma culpabilité, une lecture découverte au hasard d'une newsletter m'a apporté la lumière et la sérénité dont j'avais besoin.
C’était le déclic dont j’avais besoin.
Je te livre les grandes lignes ici, mais j'en ferai un épisode de podcast parce qu'il y a beaucoup à dire.
Quand tu te heurtes à la résistance, que tout semble se liguer contre toi, que tu sens tes muscles se contracter, deviens de l'eau.
« Empty your mind. Be formless, shapeless, like water. You put water into a cup; it becomes the cup. You put water into a teapot; it becomes the teapot. You put it into a bottle; it becomes the bottle. »
« Vide ton esprit. Sois sans forme, sans contour, comme l'eau. Tu mets de l'eau dans une tasse ; elle devient la tasse. Tu mets de l'eau dans une théière ; elle devient la théière. Tu la mets dans une bouteille ; elle devient la bouteille. »

Ces mots, prononcés par Bruce Lee, sont à la base de sa philosophie de vie, à laquelle sa fille a consacré un livre.
Face aux difficultés, ton impulsion première sera sûrement de résister, de lutter contre cette frustration. Pourtant, parfois, ne pas résister offre la clé pour surmonter les défis. C’est toute l’essence de cette métaphore aquatique.
En acceptant de prendre une pause et de suivre un autre chemin, j'ai non seulement préservé ma santé mentale, mais j'ai aussi ouvert un espace pour la réflexion et la créativité. Cela ne signifie pas abandonner tes objectifs, mais plutôt être à l'écoute des opportunités alternatives qui se présentent.
« Using no way as a way, having no limitation as limitation. »
« Utiliser l'absence de voie comme voie, avoir l'absence de limitation comme limitation. »
En d'autres termes, en te coulant dans le moule des circonstances, en te montrant flexible et réceptif, tu peux dépasser des limites que tu pensais infranchissables.
Être comme l’eau, c’est toujours trouver un chemin, quels que soient les obstacles, en les épousant. C’est être inarrêtable.
J’espère que cette réflexion te parlera autant qu’à moi et qu’elle t’inspirera à relever tous les défis qui se présenteront à toi cette semaine.
Place au nouvel épisode où je vais te détailler le génogramme de Frida Kahlo !
Notes & ressources
Cet épisode est le second d’une série consacré au génogramme. Si tu n’as pas écouté le premier, je t’encourage à le faire avant afin que tu puisses plus facilement comprendre ce qui va suivre.
Aujourd’hui, je vais pas te raconter toute l’histoire et l’analyse du génogramme de Frida dans cet épisode. Nous allons procéder en deux étapes.
- Dans cet épisode, je vais d’abord te décrire brièvement le génogramme de Frida comme je l’ai fait avec le cas fictif d’Anna. Nous allons opérer un mouvement ascendant, le même que tu ferais en dessinant ton génogramme seul ou avec moi.
- Ensuite, nous allons y mettre de l’épaisseur, du vécu. Pour cela, nous allons opérer une lecture descendante. Je vais te raconter l’histoire familiale en commençant par les grands-parents paternels, puis maternels pour arriver à la vie familiale et à Frida.
Nous nous arrêterons ici. Tu auras le temps de digérer toutes ces infos et de réfléchir aux fils que tu peux entrapercevoir et que je te dévoilerai dimanche prochain.
Dans le dernier épisode de cette mini-série, je te livrerai une analyse détaillée au prisme de différents angles pour illustrer l’impact que son histoire familial a eu sur Frida.
Notes :
- Rappelle toi que cette analyse est parcellaire et subjective.
- Je ne cherche pas la vérité et l’exhaustivité mais une surface de réflexion.
- À travers ce cas, je t’invite à découvrir l’intérêt du génogramme comme projecteur venant éclairer ton héritage familial afin que tu puisses te lancer toi aussi dans cette exploration riche et personnelle.
I. Les bases du génogramme de Frida Kahlo
Je t’invite à écouter ou réécouter cette partie de l’épisode pour être guidé dans la découverte de ce schéma.
On commence avec Frida qui est en bas du dessin, symbolisée par un rond jaune.
La lecture se fait ensuite en remontant l’arbre, de génération en génération.

Frida a peint en 1950 une sorte d’arbre généalogique imagé qui illustre sa connaissance approfondie de ses origines et que tu peux rapprocher facilement du schéma plus haut.

II. L’histoire des aïeux : l’épaisseur et le vécu
Dans cette partie, nous retraçons les origines des ancêtres de Frida en démarrant par ses grands parents paternels, puis maternels avant d’arriver au couple de ses parents & à la fratrie dans laquelle elle a grandi.
1) La branche paternelle
L'histoire de la branche paternelle de Frida Kahlo est marquée par des origines modestes, des tragédies personnelles et une résilience remarquable.

«J'ai peint mon père Wilhelm Kahlo, d'origine hongro-allemande, artiste photographe de profession, au caractère généreux, intelligent et raffiné, courageux parce qu'il a souffert d'épilepsie pendant soixante ans, mais il n'a jamais cessé de travailler et de lutter contre Hitler. Avec adoration, sa fille Frida Kahlo. »
L’histoire que raconte Frida ne correspond pas du tout à la réalité.
Johann Heinrich Jakob Kahlo, son grand-père, était originaire de Francfort, où sa famille se consacrait à la fabrication de pain d'épice, un métier respecté à l'époque. Johann s'installe à Pforzheim en 1859, une ville connue pour sa bijouterie, indiquant ainsi son aspiration à une vie meilleure et son intégration dans les cercles bourgeois grâce à son mariage avec Rosine Henriette Kaufmann, une femme issue d'une famille établie dans la manufacture d'or.
Leur fils, Wilhelm (le père de Frida), naît dans un contexte de relative aisance mais est rapidement confronté à des épreuves : la perte de sa sœur aînée, le décès de sa mère peu après la naissance d'un quatrième enfant, et une belle-mère avec laquelle la cohabitation s'avère difficile. Diagnostiqué épileptique suite à une chute, Wilhelm décide de quitter l'Allemagne pour le Mexique à la recherche de nouvelles opportunités, loin des tensions familiales et de la précarité de sa condition.
Arrivé au Mexique sans le sou, Wilhelm, rebaptisé Guillermo, parvient à s'établir grâce à son travail acharné et à l'aide de connaissances de Pforzheim. Il épouse Maria Cardeña Espino avec qui il a trois filles, mais suite au décès de Maria, il se retrouve veuf avec deux enfants. C'est alors qu'il rencontre Matilde Calderón, une jeune femme travaillant dans le même magasin, qui deviendra sa deuxième épouse et la mère de Frida.
Cette histoire, riche en rebondissements, témoigne de la capacité de la famille Kahlo à surmonter les obstacles grâce à la ténacité, à l'adaptabilité et à un désir constant d'amélioration. Le parcours de Wilhelm, en particulier, illustre une quête d'identité et de stabilité qui l'amène à traverser l'océan et à bâtir une nouvelle vie au Mexique, tout en préservant l'héritage et les valeurs familiales.

2) La branche maternelle
La branche maternelle de Frida Kahlo est caractérisée par un mélange de cultures, d'art, de foi et de tragédie personnelle, ancrée dans le contexte social et politique tumultueux du Mexique de la fin du 19e siècle.
Antonio Calderón, le père de Matilde et grand-père maternel de Frida, était un photographe de Morelia, Michoacan, qui s'était établi dans la capitale pour des raisons professionnelles. Son métier le plaçait dans un contexte culturel riche, contribuant à l'environnement artistique dans lequel Frida allait plus tard s'épanouir.
Isabel Gonzalez y Gonzalez, la mère de Matilde et grand-mère maternelle de Frida, avait grandi dans un couvent à Oaxaca. Fille d'un général espagnol, elle reçut une éducation catholique stricte, profondément enracinée dans l'art et la foi, des éléments qui influenceront fortement l'éducation de ses propres enfants.

La vie de Matilde Calderón, la mère de Frida, fut marquée par une tragédie personnelle poignante : la perte d'un fiancé allemand qui s'est suicidé devant elle. Cette expérience traumatisante eut un impact durable sur Matilde, qui conserva toute sa vie les lettres de cet homme dans une boîte ornée, un souvenir constant de la douleur et du chagrin qui façonnèrent son caractère et, par extension, l'environnement familial dans lequel Frida grandit.
Le contexte historique de la dictature de Porfirio Díaz au Mexique ajouta une couche supplémentaire de complexité à la vie de la famille maternelle de Frida. Cette période fut marquée par d'importantes inégalités sociales et économiques, affectant particulièrement la population indigène à laquelle appartenait María González, la grand-mère maternelle de Frida. La marginalisation de ce groupe et l'influence croissante de la culture européenne dans les villes mexicaines contribuèrent à un mélange de traditions et de modernité qui se reflète dans l'œuvre de Frida Kahlo.
En somme, la branche maternelle de Frida Kahlo offre un aperçu d'un héritage familial riche et complexe, mêlant art, culture, foi, tragédie personnelle et l'histoire sociopolitique du Mexique. Ces éléments, entrelacés dans la vie et l'éducation de Frida, jouèrent un rôle crucial dans le développement de son identité artistique et personnelle.
3) La famille de Frida

Après leur mariage en 1898, Guillermo Kahlo et Matilde Calderón font face à des choix difficiles, notamment l'envoi des deux filles issues du premier mariage de Guillermo dans un orphelinat, suite à la réticence de Matilde à les garder chez eux après la naissance de leur premier enfant.
Notons que c'est Matilde qui encourage Guillermo à se lancer dans la photographie, comme son père, et lui permet de devenir un photographe reconnu, capturant l'architecture et les peuples du Mexique.
Le couple a quatre enfants, dont Frida Kahlo, qui naît en 1907, introduite dans un contexte familial complexe, marqué par les traditions, la perte et la résilience.

L'histoire familiale est marquée par la mort du seul et unique garçon du couple, peu après sa naissance, la séparation douloureuse avec Mati, la fille aînée, et par les défis financiers et personnels exacerbés par la Révolution mexicaine et les problèmes de santé de Frida dès son jeune âge.
Si l’on prend un peu de recul sur la vie de Frida Kahlo, celle-ci est - en effet - ponctuée de défis, reflètant une trajectoire de résilience et de création artistique intense.
Dès l'âge de six ans, elle est confrontée à la poliomyélite, qui laisse sa jambe droite atrophiée, source de moqueries et d'isolement durant son enfance. Cet épisode précoce de maladie initie Frida à une vie marquée par la douleur physique, mais forge également son caractère indépendant et sa volonté de surmonter les obstacles.
L'événement le plus transformateur de sa vie survient en 1925, quand Frida, alors âgée de 18 ans, est gravement blessée dans un accident de bus. Ce tragique accident fracture sa colonne vertébrale, son bassin, et lui cause de multiples blessures qui nécessiteront de nombreuses opérations chirurgicales tout au long de sa vie. Cet accident la contraint à de longues périodes d'alitement, durant lesquelles elle commence à peindre, utilisant son art comme un moyen d'explorer sa douleur et sa convalescence.
La relation de Frida avec le célèbre peintre Diego Rivera devient un autre pilier central de sa vie. Ils se marient en 1929, malgré la différence d'âge et les objections de sa mère.

Leur mariage est tumultueux, marqué par les infidélités mutuelles, les passions politiques et les ambitions artistiques. Malgré leurs séparations et leur divorce en 1939, Frida et Diego se remarient l'année suivante. La dynamique de leur relation influence profondément l'œuvre de Frida, qui explore des thèmes d'amour, de trahison et de souffrance à travers ses peintures.
Ces éléments - la lutte contre la polio, la survie à un accident dévastateur et un mariage complexe avec Diego Rivera - sont fondamentaux pour comprendre Frida Kahlo. Ils ne définissent pas seulement sa biographie mais imprègnent son œuvre d'une intensité émotionnelle, d'une exploration de l'identité, et d'un dialogue constant avec la douleur et la transformation. Frida utilise son vécu, ses douleurs physiques et émotionnelles comme une toile de fond pour son art, transformant ses expériences en une expression puissante de la condition humaine.
III. Pistes de réflexion
Frida Kahlo demeure une figure complexe et énigmatique, sa vie et son œuvre étant une source d'inspiration et de mystère. Son ambiguïté a contribué à faire d'elle une icône, reflétant les multiples facettes de l'expérience humaine.
Chacun peut y trouver un écho à ses propres luttes et aspirations, voyant en elle soit la joie de vivre, soit la résilience face à la douleur, soit encore sa vulnérabilité.
Alejandro Gómez Arias, un amour de jeunesse de Frida, a souligné cette multiplicité en la décrivant comme composée de nombreuses Fridas, une femme en constante évolution, à la recherche d'une intégrité intérieure, tout en cherchant à plaire et à trouver sécurité et affirmation dans le regard des autres.
Aujourd’hui, pas de défi mais une invitation à réfléchir au génogramme de Frida Kahlo non seulement comme un récit fascinant d'une artiste légendaire mais aussi comme une surface de réflexion pour toi-même.
- Quelles multiples facettes te composent ?
- Quels événements, quelles personnalités ont façonné la personne que tu es aujourd'hui ?
- Comment navigues-tu entre ta véritable essence et les versions de toi-même que tu présentes au monde ?
-
Prends un moment pour réfléchir à ton propre génogramme, à tes racines, à ton histoire personnelle. Peut-être que cette exploration t'ouvrira à une compréhension plus profonde de toi-même et, qui sait, te conduira à embrasser toutes les facettes de ton être avec honnêteté et courage.
N’hésite pas à me partager tes pensées et tes histoires.
Avant de se quitter, voici une petite mise en bouche de ce qui t’attend la semaine prochaine.

Un super bonus !
Si tu me partages ton travail (ton génogramme + ta question), je te fais un audio de 5 mn pour t’aider à creuser ton investigation et te donner des pistes de réflexion.
Il te suffit de répondre à ce mail ou de me laisser un vocal ici.
Enfin, pour donner de la visibilité à ce podcast et pour je puisse continuer à t’offrir ce travail de titan, il est essentiel de lui laisser en plus d’une note, un commentaire sur ton appli préférée.
Par exemple, partage ce que tu aimes, un concept ou un épisode qui t’a marqué.

Pour te remercier de ton temps, je t’offre 30 mn de coaching visio pour décoder ensemble ton génogramme.
Il te suffit de m’envoyer un message en répondant à ce mail !
Un immense merci d’avance et à la semaine prochaine pour un déchiffrage passionnant.
Belle journée ou soirée en fonction de l’heure à laquelle tu me lis,
Hélène