
Cher toi,
Cette semaine a été placée sous le signe de la reprise : remontada personnelle & joie d’accueillir les prémices du printemps et son énergie si galvanisante.Cet édito n’est pas structuré. J’avais juste envie de saisir cette opportunité pour te partager deux pépites qui ont égayé ma semaine.
Les mots sont souvent notre meilleure médecine.
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Pépite 1
Et je suis revenue
Ainsi vous ne saviez pas,
vous,
qu’on revient de là-bas
On revient de là-bas
et même de plus loin
La rencontre fortuite avec ces vers de Charlotte Delbo, écrivaine et rare survivante d’Auschwitz, m’a frappé en plein cœur.
Oui, on est beaucoup plus résilient qu’on ne le pense.
Ces quelques mots magiques me rappellent le pouvoir immense que nous avons tous en tant qu’être humain : celui de ressentir, de souffrir, mais surtout, celui de se redresser, plus fort et plus vivant que jamais, alors même que cela nous semble impossible au coeur de la tempête.

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Pépite 2
Je suis née très sensible et pendant très longtemps j'ai pensé que ce n'était pas bien d'être sensible, parce que ça me faisait défaut dans la vie.
Et un jour j'ai découvert la musique, et je me suis rendue compte qu'en pleurant sur mon piano ça me faisait un bien fou, que ça ne faisait de mal à personne et surtout ça donnait de jolies chansons.
Je me suis rendu compte que ce que je pensais être mon plus grand défaut dans la vie était finalement ma plus grande qualité (...)
Être sensible c'est être vivant, et nous ne sommes jamais trop vivants !
Tout est beau dans ce discours de Zaho de Sagazan (tu pourras d’ailleurs le retrouver dans l’épisode du jour). Mais, impossible pour moi de ne pas en parler également dans cet édito car le message rejoint complètement ma vision et ma mission.
Dès notre naissance, nous entrons dans un monde où être jugé est la norme. Chaque aspect de notre être – notre poids, notre taille, notre façon de penser et d'interagir – est mesuré et comparé. L'école, puis le milieu professionnel, perpétuent ce système de classement, nous plaçant sans cesse dans des cases, comme s'il existait une unique façon de réussir ou d'être.
C’est faux et tu l’as certainement constaté dès que tu as voyagé, rencontré des personnes atypiques, exploré d’autres cercles sociaux, changé de boîte, etc.
Tu n’es plus à l’école.
Alors, certes, la vraie vie est un défi quotidien à relever mais elle offre aussi une opportunité inestimable à qui est prêt à la saisir : celle de casser les codes. Picasso disait :
Learn the rules like a pro, so you can break them like an artist.
Apprends les règles comme un professionnel afin de pouvoir les briser comme un artiste. (Ça sonne mieux en anglais…)
J’y crois profondément.
Si tu te sens trop différent, pas assez conforme, si tu as l’impression de ne jamais vraiment avoir trouvé ta place, ni d’avoir exploité ton plein potentiel, arrête de considérer cela comme un échec ou une preuve de faiblesse. Décide plutôt de le voir vraiment comme une invitation à explorer ta singularité, à dévoiler un talent caché.
Envisage de rompre avec le conventionnel, avec ce qui est attendu de toi, car c’est là que réside ton véritable pouvoir : ton unicité n'est pas un défaut, c'est ta plus grande force.
Le défi, alors, est double.
- D'abord, il s'agit de trouver et d'embrasser cette singularité qui te distingue.
- Ensuite, cherche un environnement où tes particularités ne sont pas seulement acceptées, mais véritablement valorisées. Un lieu où les critères de succès jouent en ta faveur, où qui tu es réellement est la mesure de ta valeur.
Souviens toi que les normes sont relatives. Ce qui est valorisé dans un contexte peut être indifférent, voir banni, dans un autre. N’hésite pas à changer de cercle, de boîte, de ville ou pays. Il n'y a pas de perdant absolu dans la grande mosaïque de la vie.
Il existe forcément un lieu où tu trouveras ta véritable place, un endroit où être « trop » ou « pas assez » selon les standards conventionnels est précisément ce qui fait de toi une personne exceptionnelle.
Voilà pour mon cri du cœur du dimanche.
Si tu ne sais pas par où commencer, ce nouvel épisode va te donner des clés très concrètes pour savoir ce que tu veux vraiment au plus profond de toi et, si tu veux aller plus loin, réserve un créneau ici pour que nous échangions ensemble.
Bonne écoute !
Notes de l’épisode & ressources
Cet épisode marque le troisième volet d'une mini-série dédiée à l'envie.
Dans l’épisode 1, nous avons exploré les différences entre la jalousie et l’envie. Alors que la jalousie implique un triangle relationnel marqué par la peur de perdre quelqu'un, l'envie se caractérise par un sentiment de manque face aux réussites d'autrui, relevant d'une dynamique bilatérale.
Dans l’épisode 2, nous avons pu constaté que le sentiment d’envie est profondément humain et ancré dans nos gènes et qu’il est exacerbé par la méritocratie et les réseaux sociaux.
L'objectif de ce troisième épisode est de te donner des clés pratiques pour faire de tes envies un levier positif.
Clé n°1 : accueillir et écouter ton envie
Comme toute émotion, il s’agit non pas de l’ignorer ou de la réprimer mais de l’accueillir et d’écouter le message qu’elle veut te délivrer.
Quand tu sens ce sentiment t’envahir, fais une pause, prends un crayon et réponds à ces questions :
- Qu’est-ce que je ressens ?
- Comment cela se manifeste-t-il ?
- Quel est le déclencheur ?
- Quelles sont mes pensées ?
- Qu'est-ce qui me fait me sentir inférieur ?
- Quel vide crois-je que cela comblerait si j’obtenais l’objet de mon envie ?
- Est-ce que je veux vraiment ce que la personne que j’envie possède ?
- Si oui, à quel point, et est-ce que ça vaut la peine d'agir pour essayer de l'obtenir moi-même ?
Je t’invite également à revenir aux défis proposés dans la première newsletter (la matrice de l’envie, la roue des émotions, les questions de journaling) et dans la seconde (en particuliers, les questions et l’exercice sur ta vision de la réussite).
L’envie est un puissant miroir de nos désirs. Pour illustrer comment tu peux l’utiliser comme une boussole, je te détaille le cas de Gretchen Rubin. Si tu veux découvrir plus en profondeur son parcours et son travail, je t’invite à visiter son site et à lire cet article.
Clé n°2 : se comparer assez (zoom out)
Si tu as un problème en te comparant, il ne se résoudra pas en arrêtant (comme tout le monde le dit) mais en te comparant plus…
Non, je ne suis pas en train de me contredire et je n’ai pas dérayé.
a) Quand tu te compares, ne regarde pas que ce qui brille, prends tout le paquet.

Tout d’abord, sache que les données avec lesquelles tu raisonnes sont certainement biaisées : dans une enquête récente, 82 % des personnes interrogées ont admis rendre leur vie plus glamour qu'elle ne l'est en réalité, soit en omettant les parties ennuyeuses, soit en donnant l'impression qu'elles sortent plus qu'elles ne le font dans la vraie vie.
Voici quelques questions qui t'invitent à réfléchir profondément avant de prendre des décisions hâtives motivées par une comparaison superficielle. Elles t'aident à voir au-delà du vernis et à évaluer ce qui compte vraiment pour toi, en reconnaissant que chaque chemin a ses avantages et ses inconvénients.
- Comment cette personne en est-elle arrivée là ?
- Quels sacrifices a-t-elle du faire et quelles sont ces obligations ?
- Quels sont ces valeurs ?
- Comment serait une journée type dans la vie que tu convoites ?
- Quels aspects spécifiques de cette vie veux-tu vraiment ?
- Lesquels ne veux-tu pas ?
- Quelle expérience cette personne possède-t-elle ?
- Cette comparaison est-elle basée sur une version idéalisée de moi-même ou sur les attentes des autres ou de la société à mon égard ?
- Suis-je prêt à renoncer aux bons côtés de ma vie actuelle pour obtenir cela ?
b) Ne t’évalue pas en considérant uniquement une seule personne, compare toi au moins à 10 personnes.
Élargir ta carte mentale ne consiste pas simplement à contextualiser la réussite d’une personne mais aussi à la mettre en perspective avec d’autres personnes.

Lorsque tu vois quelqu’un atteindre une étape importante de sa vie, il est facile de se sentir à la traîne. Pourtant, si tu penses à dix ou vingt de tes connaissances, il y a de fortes chances que beaucoup soient dans la même situation que toi et s’en portent très bien.
Les psychologues ont également découvert qu’en élargissant ta perspective, tu évites d’être déprimé quand tu n'obtiens pas ce que tu veux. Ainsi, la prochaine fois que tu convoites ce que quelqu'un d'autre possède, remplace la question "Pourquoi je n'ai pas ça ?" par "Ai-je suffisamment ?".
En réajustant ta manière de voir les choses, tu pourras peut-être te sentir plus en paix avec ce que tu as déjà.
Clé n°3 : se comparer à son moi passé et à son moi futur (zoom in)
Tu ne pourras jamais te sentir suffisamment bien si ton bien est défini par les réalisations des autres.
Par ailleurs, en te comparant, tu imposes systématiquement une limite à ta réussite avec un étalon extérieur.
La seule issue pérenne consiste à créer ta propre échelle de valeur et à te servir de ta singularité comme un super-pouvoir.
Voici quelques pistes pour amorcer ce travail.
a) Identifie tes talents et tes faiblesses.
Demande-toi ce que tu aimes faire, ce qui te rend fier.
Réfléchis aussi à ce que les autres appellent tes défauts. Peut-être cachent-ils des super-pouvoirs ?
b) Connais tes valeurs et ce à quoi tu veux contribuer.
Cela t'aidera à te fixer des objectifs personnels et à te mesurer à toi-même, pas aux autres.
Pour suivre tes progrès, pourquoi ne pas tenir un journal quotidien de tes réussites, à la manière de Benjamin Franklin ?


c) Intéresse-toi aux autres et célèbre la diversité.
Se souvenir de tes propres succès peut t'aider à dépasser l'envie et à t'ouvrir aux réussites des autres. Cette approche favorise non seulement un mieux-être personnel mais aussi un environnement de travail collaboratif.
Rappelle-toi : la vie n'est pas un village avec un seul chemin vers le succès. C'est une grande ville, pleine de possibilités, où chacun peut trouver sa voie. Reconnaître que nous avons tous nos forces et faiblesses est essentiel pour trouver sa place et vivre pleinement.
Clé n°4 : apprendre à perdre
Vincent Delecroix, dans son livre Apprendre à perdre, aborde la gestion de l'envie à travers l'acceptation de la perte, explorant notre relation avec l'éphémère et le changement inévitable dans nos vies. Il souligne comment la peur de perdre peut paralyser et empoisonner notre existence, nous incitant à adopter une perspective plus sereine face aux pertes, qu'elles soient personnelles, matérielles, ou écologiques. Delecroix nous invite à reconnaître la perte non comme une menace à notre identité ou au bonheur, mais comme une composante essentielle de notre humanité, nous poussant à apprécier chaque moment avec gratitude et à vivre pleinement conscients de la valeur précieuse de notre expérience humaine.

Clé n°5 : admirer, être inspirée plutôt qu’envier
As-tu essayé de pratiquer mudita (concept bouddhiste t’invitant à te réjouir sincèrement du bonheur des autres) comme je t’y ai invité la semaine dernière ?
L'admiration active notre motivation intrinsèque : ainsi, en observant et en apprenant des réussites autour de toi, tu peux te stimuler pour atteindre tes propres objectifs. Ce constat s'appuie sur la théorie de l'apprentissage social d'Albert Bandura qui suggère que les individus apprennent et se motivent en observant les actions et les conséquences des comportements d'autrui. L'admiration incite donc à l'émulation positive, à la différence de l'envie qui peut mener à la stagnation ou au ressentiment.
Admirer quelqu'un, c'est t'ouvrir à une source d'inspiration plutôt que de te laisser submerger par l'envie. Cela signifie reconnaître les réussites d'autrui et les considérer comme une preuve que les objectifs ambitieux sont atteignables.
Cette perspective encourage non seulement la joie face au succès des autres mais aussi une introspection productive : "Que puis-je apprendre de leur parcours ? Quelles stratégies puis-je adopter pour atteindre mes propres objectifs ?"
La bande-originale du podcast
Si tu es passé à côté de l’info, je me répète ici. J’ai créé une playlist avec toutes les musiques qui viennent accompagner chacun des épisodes. Tu pourras ainsi retrouver facilement toutes les références.
Le défi de la semaine
Ta mission - si tu l’acceptes - est simple.
La prochaine fois qu’une envie pointe le bout de son nez, applique au moins une des clés que je t’ai présentées et raconte moi. Lui as-tu tordu le cou ou bien as-tu rencontré des résistances ?
Si tu me partages ton travail, je te fais un audio de 5 mn pour t’aider à creuser ton investigation et te donner des pistes de réflexion.
Il te suffit de répondre à ce mail ou de me laisser un vocal ici.
La semaine prochaine, je te partage le cas d’une cliente rongée par l’envie et comment nous avons réussi à la transformer en inspiration pour son activité.
C’est un nouveau format que j’ai hâte de partager avec toi !
Je compte sur toi !
Enfin, je me répète comme un vieux disque, mais c’est ESSENTIEL : pour donner de la visibilité à ce podcast et pour je puisse continuer à t’offrir ce travail titanesque, il est essentiel que tu lui laisses, en plus d’une note, un commentaire sur ton appli préféré.
Par exemple, partage ce que tu aimes, un concept ou un épisode qui t’a marqué.
Un immense merci pour ton temps et ton soutien.
Excellent dimanche et à la semaine prochaine,
Hélène