
Cher toi,
"La plus belle histoire n'est pas celle qu'on te raconte, mais celle que tu choisis d'écrire".
C’est avec ces mots que s’achève notre saga, aujourd’hui, le jour de Noël.
🎙️ Nouvelle capsule
Dans ce dernier épisode, nous retrouvons les Bianchi un an plus tard. Comme tu vas l’entendre, chacun a transformé son histoire personnelle en source de sagesse collective.

Si tu te souviens du premier épisode, je t’avais averti dès le début en te disant que nous étions tous des afabulateurs. Notre cerveau est câblé pour raconter des histoires, mais ce talent peut devenir une prison si nous ne questionnons pas les récits qui nous définissent. L’ultime leçon des Bianchi est une invitation à interroger, réécrire, et transformer nos récits.
Comment nos histoires nous façonnent-elles et comment pouvons-nous les utiliser à notre avantage ? C’est l’objet de cette édition.
🔎 Ce qui dit la science : le redoutable pouvoir des histoires
"Les histoires sont la monnaie de l'esprit humain",
écrit Antonio Damasio, neuroscientifique renommé. Cette citation n’est pas qu’une métaphore : les recherches en neurosciences montrent que notre cerveau est littéralement câblé pour les récits. Mais pourquoi ?
» Les récits synchronisent nos cerveaux
Les travaux de Uri Hasson, à Princeton, révèlent que lorsqu’une histoire est partagée, une synchronisation se produit entre le cerveau du conteur et celui de l’auditeur. Utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, Hasson a observé un phénomène de "danse neuronale" :
- les zones du langage, des émotions et des souvenirs s’activent simultanément,
- cette connexion persiste même plusieurs jours après avoir écouté une histoire, facilitant la compréhension et l’empathie.
📌 À retenir :
les histoires créent un pont invisible entre les esprits. Cet alignement neuronal est la base de l’empathie et de la connexion humaine.
» Les zones miroirs et l'expérience partagée
Une autre découverte marquante réside dans l’effet des zones miroirs.
- Lorsque quelqu’un décrit une expérience sensorielle – la chaleur du soleil, le parfum d’une orange –, nos zones sensorielles s'activent comme si nous vivions l'expérience nous-mêmes.
- Lire ou écouter une action déclenche nos zones motrices, tandis que les émotions activent nos centres émotionnels.
C'est ce qui rend une histoire immersive : notre cerveau la "vit".
Par exemple, en racontant comment Clélia traverse ses dilemmes dans l’épisode final de la saga des Bianchi, tu ne te contentes pas de l’écouter. Tu ressens avec elle, tu analyses ses choix comme si c’était les tiens.
» Les histoires transforment la mémoire et l'apprentissage
Le neuroscientifique Paul Zak a démontré que les récits bien structurés augmentent la production d’ocytocine – l’hormone de l’attachement. Les effets sont mesurables :
- Une meilleure rétention des informations (22% en moyenne).
- Un engagement accru dans des comportements alignés avec le message de l’histoire.
Une étude de 2023 à Stanford
a comparé deux groupes pour sensibiliser au changement climatique :
- le groupe A a reçu des données factuelles.
- le groupe B a entendu des récits personnels de personnes touchées par la crise climatique.Résultat :
le second groupe montrait un engagement écologique 64% plus élevé.
Cela prouve que les chiffres, bien que nécessaires, ne suffisent pas : c’est l’émotion des récits qui motive les actions.
» Les récits façonnent nos décisions et notre identité
Dan McAdams, psychologue spécialiste de l’identité narrative, avance que
"nous sommes les histoires que nous nous racontons".
Il a découvert que les personnes qui construisent un récit cohérent de leur vie, même face à des épreuves, développent une meilleure résilience et un bien-être émotionnel accru.
Par exemple, Marco, en réécrivant son rôle familial, ne se voit plus comme celui qui "doit prouver sa valeur". Il devient celui qui choisit consciemment d’utiliser ses compétences pour servir sa communauté et honorer ses racines.
Pourquoi cela nous concerne-t-il ?
Lorsque tu écoutes l’histoire des Bianchi ou même celle que tu te racontes sur toi-même, ton cerveau n’est pas spectateur : il est acteur. Les émotions ressenties, les connexions établies, et les changements motivés sont la preuve que les histoires ne sont pas seulement des distractions – elles sont des outils puissants de transformation personnelle et collective.
Réécrire notre histoire : une science et un art
» La plasticité des souvenirs
Les travaux d’Elizabeth Loftus révèlent que nos souvenirs sont malléables. Chaque fois que nous nous souvenons d’un événement, nous le réinterprétons. La reconsolidation de la mémoire, étudiée au MIT, ouvre des possibilités prometteuses pour transformer des souvenirs traumatiques en sources de force.
» Le pouvoir du contre-récit
Richard Delgado, dans son travail sur les contre-récits, montre comment ils peuvent libérer des individus ou des groupes piégés par des histoires dominantes.
Par exemple, après l’apartheid, les commissions Vérité et Réconciliation ont permis aux Sud-Africains de créer un nouveau récit national fondé sur la réparation plutôt que la division. Ou bien chez les Bianchi, le récit d’un secret familial oppressant devient une histoire de transmission et de partage.
» L’approche narrative
📌 À retenir :
une étude de 2018 menée à l'Université Northwestern révèle que les personnes qui réécrivent leurs histoires avec des perspectives plus positives voient
une diminution de 30% de leur anxiété et une augmentation de 25% de leur satisfaction personnelle
.
Comme tu le vois : travailler la manière dont tu racontes ton histoire est donc un redoutable pouvoir et c’est également pour cette raison que je suis une grande adepte de l’approche narrative à laquelle je suis formée.
Celle dernière s’article autour de 3 mouvements principaux.
- l’externalisation qui consiste à séparer le problème de la personne. Par exemple, au lieu de dire "je suis incapable de réussir", on pourrait dire "le doute essaie de me freiner." Ce simple changement de langage ouvre des possibilités d’action.
- le "re-authoring" qui amène à repérer des moments d’exception où l’histoire dominante ne s'applique pas. Ces instants de courage ou de réussite deviennent des piliers pour réécrire un nouveau récit.
- les conversations de "re-membering" où l’on réintègre dans ton histoire les voix des personnes ou des figures inspirantes qui t’ont soutenus ou marqués, pour les transformer en ressources actives.
Par exemple, une cliente qui se voyait comme "perpétuellement dépassée" a découvert qu'elle était, en réalité, une personne capable de s’adapter brillamment aux crises. Ce simple changement de regard a transformé sa façon de se percevoir.
Chez les Bianchi, ce changement de perspective est particulièrement avec Alberto avec les souvenirs qu’il a de Maria : il a réussi à transformer une histoire de perte en une histoire de transmission.
🎯 À toi de jouer : transforme un récit limitant en arbre de vie
Parfois, un seul récit peut modeler nos choix et notre vision de nous-mêmes, comme une branche tordue qui déforme tout l’arbre. L'exercice que je te propose aujourd'hui s’appuie sur l'approche narrative et la métaphore de l’arbre de vie. Il t'aidera à identifier un récit limitant, à lui donner une nouvelle signification, et à cultiver une vision renouvelée de ton histoire.
Étape 1 : Dessine ton arbre
L’arbre devient ici un miroir de ton identité. Chaque élément représente une part de toi, passée, présente ou future.
- Racines : quels récits, valeurs ou traditions as-tu hérités ? Note les histoires familiales marquantes ou les croyances transmises, qu'elles soient porteuses ou pesantes.
- Tronc : quelles compétences et forces as-tu développées à partir de ces racines ? Inscris les qualités et savoir-faire qui te soutiennent aujourd’hui.
- Branches : quels sont tes rêves pour l’avenir ? Dessine des directions vers lesquelles tu souhaites grandir, des objectifs qui t’inspirent.
- Feuilles et fruits : quels dons veux-tu partager avec les autres ? Écris les noms des personnes importantes, des inspirations, ou des contributions que tu souhaites offrir au monde.
Tu peux rendre cet arbre aussi visuel et coloré que tu le souhaites. Chaque détail est une porte ouverte vers la réflexion.
Étape 2 : Transforme ton arbre
Prends du recul et observe ce que tu as dessiné. Ton arbre te raconte une histoire. Identifie un récit limitant inscrit dans ton arbre et réfléchis aux 3 questions suivantes.
- Une branche cassée : est-ce une croyance transmise comme "Nous ne sommes pas faits pour réussir" ou une expérience douloureuse qui t’a figé dans un rôle, comme "Je ne suis pas assez courageux(se)" ?
- Une racine cachée : y a-t-il une ressource ou une force que tu as négligée ? Cela peut être un encouragement oublié, une qualité discrète, ou un moment de résilience que tu n’as pas pleinement intégré.
- Un nouveau fruit : quel don ou aspiration veux-tu faire mûrir à partir de cet arbre transformé ? Ce peut être un objectif à long terme ou un changement dans ton quotidien.
- Une nouvelle feuille : quelle(s) personne(s) peuvent te soutenir ou t’inspirer ?
Exemple
Sarah qui se voyait comme l’héritière d’une lignée de sacrifices ("Dans notre famille, on donne tout pour les autres") a dessiné un arbre où les racines portaient cette croyance pesante.
Elle a identifié une branche cassée : "Je ne suis utile que si je m’efface."
En réfléchissant, elle a trouvé une racine cachée dans les récits de sa grand-mère : "J’étais fière de toi parce que tu étais audacieuse." Ce souvenir oublié est devenu une nouvelle branche : "Je peux transmettre par ma créativité, pas uniquement par mon dévouement."
Le fruit qu’elle a décidé de cultiver ? Lancer un projet artistique collectif pour honorer les histoires familiales tout en suivant sa propre voie.

Comme les Bianchi l’ont compris, nos histoires ne sont jamais figées. Elles peuvent être des cages, mais aussi des tremplins. Chaque souvenir est une graine, chaque décision un acte de jardinage.
Aujourd’hui, tu peux choisir de transformer les héritages de ton passé en une force pour ton futur. Rappelle-toi que chaque arbre grandit à son rythme, mais que ses fruits peuvent nourrir bien au-delà de sa propre vie.
"Les arbres sont des poèmes que la terre écrit dans le ciel."
— Khalil Gibran.
Si tu veux faire de 2025 l’année du changement, prendre enfin ta vraie place et écrire une histoire qui soit vraiment la tienne, réserve ton créneau offert de 30 mn afin que nous prenions le temps d’échanger ensemble ! Je serais ravie d’échanger avec toi.
Joyeux Noël et à très prochainement,
Hélène
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